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Poésie
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Les caresses des yeux
Les caresses des yeux sont les plus adorables ; Elles apportent l'âme aux limites de l'être, Et livrent des secrets autrement ineffables, Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître.
Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d'elles ; Leur langage est plus fort que toutes les paroles ; Rien n'exprime que lui les choses immortelles Qui passent par instants dans nos êtres frivoles.
Lorsque l'âge a vieilli la bouche et le sourire Dont le pli lentement s'est comblé de tristesses, Elles gardent encor leur limpide tendresse ;
Faites pour consoler, enivrer et séduire, Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes ! Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?
Texte de Auguste Angellier (1848-1911)
Publié le 29/12/2007
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Les caresses des yeux
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Lorsque tu seras vieux
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants
Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête Nous nous croirons encore de jeunes amoureux Et je te sourirai, tout en branlant la tête Et nous ferons un couple adorable de vieux.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille Avec de petits yeux attendris et brillants Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.
 Sur le banc d'autrefois, nous reviendrons causer Nous aurons la joie attendrie et très douce La phrase finissant souvent par un baiser.
Combien de fois, jadis, j'ai pu dire "je t'aime!" Alors avec grand soin, nous le recompterons Nous nous souviendrons de mille choses, même De petits riens exquis dont nous radoterons.
Un rayon descendra, d'une caresse douce Parmi nos cheveux blancs, tout rose se poser Quand, sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse Sur le banc d’autrefois, nous reviendrons causer.
 Et comme chaque jour je t'aime davantage Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain Qu'importeront alors les rides du visage Si les mêmes rosiers parfument le chemin.
Songe à tous les printemps qui, dans nos coeurs, s'entassent Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent Et sans cesse tissent entre nous d'autres liens.
Cest vrai, nous seront vieux, très vieux, faiblis par l’âge Mais plus fort je serrerai ta main.
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête Nous nous croirons encore aux heureux jours d'antan Et je te sourirai, tout en branlant la tête Et tu me parleras d'amour en chevrotant.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille Avec des yeux remplis de pleurs de nos vingt ans... Quand tu seras vieux et que je serai vieille Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs!
Texte de Rosemonde Gérard 1871-1933
Publié le 29/12/2007
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